Sage-femme ou gynécologue pour mon suivi de grossesse ?

6 Juin, 2017

Vous êtes enceinte ou vous avez un projet de grossesse alors comment choisir le professionnel de santé qui sera le plus à même de répondre à vos attentes : sage-femme, gynécologue, médecin généraliste ? Qui sont-ils, quelles sont leurs spécificités ? Depuis le début de votre vie sexuelle, c’est votre gynécologue ou votre médecin généraliste qui vous suit. Et maintenant que votre test de grossesse est positif, quel est le programme de cette belle aventure qui vous attend parsemée d’interrogations, d’appréhensions, de découvertes merveilleuses… ! ?  C’est à toutes ces questions que nous allons essayer de répondre avec Florence Blum Genetay, sage-femme.

Florence, vous qui avez exercé pendant 22 ans en salle de naissances puis en plateau technique à la maternité de la Clinique Jeanne d’Arc et maintenant en tant que sage-femme libérale, pouvez-vous nous parler des professionnels de santé qui assurent le suivi de grossesse des femmes enceintes ?
Pendant leur grossesse, les femmes peuvent être suivies par une sage femme, un gynécologue obstétricien ou encore un médecin généraliste. Les sages femmes sont formées pour suivre une grossesse au déroulement physiologique et savent dépister toute pathologie nécessitant un avis ou une poursuite de consultation par un gynécologue obstétricien. Elles doivent donc savoir « passer le relais » !

Il existe, par ailleurs, quelques spécificités liées au lieu de l’accouchement :

  • En clinique les femmes enceintes peuvent choisir un gynécologue obstétricien, qu’elles connaissent déjà, et qui sera présent lors de la naissance. L’accouchement pourra également être effectué par un confrère en cas d’absence du gynécologue obstétricien choisi. Les sages-femmes salariées de la clinique accompagneront les femmes enceintes pendant le travail et appelleront le gynécologue obstétricien ou un confrère pour réaliser l’accouchement. Les femmes enceintes choisissant cet accompagnement sont rassurées par la présence d’un médecin, en revanche, il occasionne un dépassement d’honoraires avec une prise en charge possible par la mutuelle.Les médecins généralistes peuvent également assurer le suivi de grossesse des femmes qu’ils adressent vers le 6è mois de grossesse à un de leurs confrères exerçant en clinique pour la réalisation de l’accouchement.
    Certaines cliniques (comme Jeanne d’Arc et Sainte Thérèse à Paris) permettent également aux sages-femmes libérales, qui le souhaitent, d’effectuer des accouchements « en plateau technique » c-à-d dans une salle de naissances de la clinique alors qu’elles ne sont pas salariées de la structure. Ces sages-femmes travaillent alors en étroite collaboration avec des gynécologues obstétriciens qui pourront intervenir en cas d’urgence (forceps, césarienne ou encore hémorragie de la délivrance). Cette procédure s’accompagne également d’un surcoût pour la patiente ou sa mutuelle, la sage-femme se rendant disponible 7j/7, 24h/24 dès le début du travail, et ce, jusqu’au retour en chambre.
  • A l’hôpital : les femmes enceintes, ne présentant pas de pathologie avérée ni d’antécédents obstétricaux particuliers, sont prises en charge par une sage-femme salariée qui assurera également l’accouchement. En cas de complications, elle fera appel à un gynécologue obstétricien. Selon le niveau de la maternité 1, 2 ou 3, on peut également trouver sur place un service de réanimation pour le bébé ainsi qu’une prise en charge des grossesses pathologiques (diabète gestationnel, hypertension, risque de prématurité…). Le suivi de grossesse à l’hôpital est globalement plus médicalisé et le confort plus limité, en revanche, la facture est allégée : la chambre est souvent gratuite ainsi que la péridurale.Le suivi de grossesse des femmes enceintes peut également être fait « en ville » par manque de place en consultation à l’hôpital ou par choix. Les consultations prénatales sont alors effectuées par leur gynécologue obstétricien, leur médecin généraliste ou leur sage-femme libérale qui adressera en fin de grossesse le dossier complet du suivi à la maternité.
  • Les femmes enceintes, ayant eu des accouchements trop « médicaux », sans «  âme » ou dont les choix n’ont pas été respectés : positions d’accouchement, projet de naissance non pris en compte lors du précédent accouchement… ou souhaitant un accompagnement personnalisé en prévision d’un accouchement sans péridurale, se tournent aussi de plus en plus vers les sages-femmes. Elles peuvent alors avoir envie d’une naissance à la maison, dans leur environnement. Les sages-femmes doivent alors être capables de bien cibler ces patientes, d’anticiper les éventuels soucis (gros bébé et petite maman !!) et de respecter certaines contre-indications (césarienne antérieure ou hémorragie de la délivrance). Un vrai pacte de confiance doit alors se mettre en place entre le couple et la sage-femme car, en France, l’accouchement à domicile est peu fréquent et simplement toléré. La loi sur le sujet n’est pas claire, c’est pourquoi les assurances ne couvrent pas les sages-femmes en cas de complications graves. Les incidents sont néanmoins rares grâce à la clairvoyance et au professionnalisme des sages-femmes.

J’ai envie d’ajouter que les femmes enceintes qui viennent voir les sages-femmes pendant leur suivi de grossesse font aussi ce choix pour le temps que nous prenons à chaque consultation. Nous sommes « moins expéditives », plus à l’écoute pour répondre aux questions des futures mamans. Nos consultations durent en moyenne 30 à 45 minutes pour 10 à 15 minutes chez le gynécologue obstétricien et le médecin généraliste. Les sages-femmes proposent également des séances de préparation à la naissance, le suivi à domicile de maman et bébé en post-natal, les séances de rééducation…. On finit par bien se connaître !
Les tarifs pratiqués par les sages-femmes sont également moins élevés, en tout cas à Paris. Ils sont de 23 euros alors que les consultations des gynécologues obstétriciens vont de 50 à 100 euros. Certaines sages-femmes, compte tenu de la durée des consultations demandent davantage, elles restent néanmoins moins chères que les gynécologues obstétriciens.

Quelles sont les différences entre un suivi de grossesse effectué en libéral et en structure ?
En libéral : les consultations sont plus personnalisées et le temps de la consultation est plus important, les horaires des consultations sont mieux respectés (moins d’attente en salle d’attente). Il est également plus facile et plus rapide d’obtenir un rdv et notamment pour une urgence. En revanche, il est plus difficile de trouver un interlocuteur pour transférer une femme enceinte que ce soit pour une urgence ou une simple vérification (échographie, laboratoire d’analyse).
Alors qu’en structure, tout est disponible sur place : laboratoire d’analyse, échographie, dossier médical disponible en cas d’urgence, connaissance des lieux…. En revanche, par manque de place, les délais pour avoir un rdv sont plus longs, la prise en charge de la femme enceinte n’est pas individualisée, les procédures sont standardisées.

Pour contacter Florence Blum Genetay, sage-femme libérale, c’est ici : 78 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris ou par téléphone : 06 62 56 29 54 et pour en savoir plus sur les professionnels de santé après l’accouchement, c’est par là.