Parentalité bienveillante : un parent imparfait et heureux

14 Nov, 2017

Nous sommes tous tiraillés entre l’envie de bien faire avec nos enfants, d’être le meilleur parent possible, et la réalité qui s’avère bien plus compliquée que prévue ! Nous ne faisons pas toujours comme nous l’aurions souhaité, et alors ? Faut-il pour autant se culpabiliser sans fin ? Bien sûr que NON ! Nous faisons de notre mieux, essayons plutôt d’être en phase avec cette réalité et de peaufiner, avec bienveillance, nos imperfections. C’est ainsi que je définirai la parentalité bienveillante ! Nos enfants nous diront merci, enfin peut-être 😉, en revanche ils s’en porteront mieux et nous aussi ! Alors, concrètement, on fait comment pour être dans la parentalité bienveillante ?

Prendre soin de soi pour être en accord avec soi-même

La parentalité bienveillante ne veut pas dire s’oublier au profit de son enfant. Comment peut-on prendre soin de son enfant si on ne se sent pas bien ? La première clé de la parentalité bienveillante est bien de prendre soin de soi et de ses émotions.

les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont juste là pour nous protéger ! les émotions sont des réactions automatiques qui se traduisent par des sensations physiques. elles jaillissent brusquement et sont de courte durée.

 

Être attentif à ses émotions permet de :

 

  1. Apprendre à vous connecter avec vous-même, à être auto-empathique pour connaître vos limites, pouvoir en fixer aux autres sans vous laisser envahir par la colère : savoir dire « non », « stop », « cela me plaît/déplaît, me convient/me dérange » et/ou demander de l’aide à vos proches (conjoint, amis, famille), à un professionnel…,
  2. Faciliter/améliorer votre communication et donc vos relations avec vos enfants et votre conjoint qui peuvent parfois, avec le geste ou le mot de trop, payer les pots cassés d’une émotion dont ils ne sont pas responsables (période de stress, après une journée difficile…),
  3. Connaître vos besoins, vos envies et s’accorder du temps à soi pour un moment de liberté physique et psychique : avoir une activité sportive et/ou artistique, prévoir un moment bien-être/détente, se découvrir une passion, ne rien faire et rêver… pour s’évader et faire un break régulièrement, la régularité étant plus efficace que la durée du break,
  4. Identifier les situations qui vous épuisent au quotidien, que vous anticipez de façon négative (les devoirs, l’heure du bain…) pour trouver des solutions créatives, des alternatives, repenser votre organisation, impliquer conjoint et enfants, dès leur plus jeune âge, dans les tâches ménagères et lâcher prise sur des sujets qui n’en sont pas ! Vous ne pouvez pas tout contrôler, tout gérer ni régler les problèmes de toute votre famille. Laissez vos enfants faire leurs propres expériences qu’ils apprennent à faire des choix, développent leur autonomie et, ainsi, leur confiance en eux.
  5. Porter un autre regard sur les situations, les comportements et vos perceptions : vivre pleinement l’instant comme vos enfants et profiter des petits bonheurs du quotidien, ne pas dramatiser en généralisant une difficulté ou un incident, prendre du recul pour faire ressortir le positif afin de diminuer votre stress de parent. On peut voir un verre à moitié vide ou à moitié plein, on peut dire qu’un enfant est agité, hyperactif ou qu’il est dynamique, énergique, de même on ne peut pas dire d’un enfant qui a des difficultés en maths, qu’à l’école ça ne va pas…
  6. Éviter de réagir à « chaud »  ! Oubliez, en effet, cette mauvaise habitude de vouloir régler un problème à « chaud » sous peine d’être laxiste ou de baisser les bras. Sous l’effet de la colère, notre cerveau n’est physiologiquement plus capable de prendre de bonnes décisions, réfléchies et empathiques. Attendez tout simplement d’avoir retrouver votre calme pour aborder le sujet tranquillement avec votre enfant ou votre conjoint. Une fois ressourcé(e), détendu(e), vos idées seront plus claires, vous serez de nouveau disponible, à l’écoute et prêt(e) pour résoudre efficacement le problème.

Pour vous aider dans cette démarche qu’est la parentalité bienveillante, vous pouvez vous tourner vers le yoga, la sophrologie, la méditation de pleine conscience ou encore la Cohérence Cardiaque.

Prendre soin de son couple

La bonne entente dans le couple permet de mieux supporter le stress et de le diminuer. À l’inverse, une mésentente entre conjoints constitue une source de stress supplémentaire. Il est donc important de préserver son couple et d’en prendre soin. La parentalité bienveillante passe aussi par là !

 

Voici quelques conseils pour vous y aider :

 

  1. Nous sommes tous différents avec nos qualités, nos besoins, nos attentes mais aussi nos défauts, nos limites. Nous commettons également des erreurs, relativisez et acceptez vos défauts, vos fragilités, vos erreurs mais aussi ceux de votre conjoint(e) pour continuer à profiter pleinement de vos différences dans une relation gagnant-gagnant.
  2. Personne n’est capable de lire dans les pensées de l’autre alors boostez votre communication pour réussir à aborder tous les sujets même les plus sensibles, pénibles qui nécessitent parfois une remise en question, et à éviter les malentendus.
  3. Travailler sur ses émotions vous aidera également à améliorer votre communication pour que votre conjoint(e) n’ait pas à supporter vos sautes d’humeur !
  4. Limitez les attaques, les critiques et les généralisations (comme d’habitude, tu ne comprendras jamais, tu dis toujours la même chose…) qui mettent de l’huile sur le feu, sapent le moral et poussent à l’inaction. Essayez plutôt de valoriser les qualités et les efforts.
  5. Ayez une oreille attentive, dans les bons et les mauvais moments, sans être persuadé(e) de savoir ce que votre conjoint(e) veut dire. Essayez de comprendre le monde de votre conjoint(e) en lui posant des questions, en pratiquant une écoute active.
  6. La gratitude et les compliments font toujours du bien, aux petits et aux grands, y compris pour les tâches ménagères et parentales, notre « lot » quotidien ! D’ailleurs, comment ces tâches sont-elles réparties dans votre couple : de façon juste, convenant à chacun ?
  7. Planifiez des moments à deux, sans enfants et sans écrans (sauf si vous avez envie de regarder un film ensemble !) : essentiel pour se retrouver, entretenir la complicité et faire le plein d’énergie !
  8. Soyez en phase dans l’éducation des enfants pour favoriser leur développement et leur bien-être : valeurs éducatives (autonomie ou surprotection, coopération ou compétition…), autorité parentale en prenant le soin de ne pas dénigrer ni contredire votre conjoint(e) devant vos enfants qui n’en louperont pas une miette !
  9. Et bien sûr, gardez votre sens de l’humour et de l’autodérision 😉

Favoriser une relation positive avec votre  enfant

Quoi de plus logique finalement pour donner tout son sens à votre rôle de parent ?!  Oui, vous aimez vos enfants et oui, c’est dur d’être parent. On n’a pas de mode d’emploi, on fait de son mieux et parfois on perd patience, on crie, on dit des choses que l’on regrette ensuite… ! Tous les parents connaissent ces situations et ces mêmes difficultés. Ne vous fiez pas aux apparences. Vous n’êtes pas différents des autres alors inutile de vous saper le moral en vous comparant à vos amis, vos frères et sœurs ou encore aux autres parents d’élèves. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs : tous les autres parents ne font pas mieux que vous !

Vous aurez également à supporter les commentaires et remarques toujours bienveillantes et fort sympathiques d’illustres inconnus dans la rue, dans un magasin ou encore ceux d’un enseignant bien intentionné, d’un animateur etc. Là encore, chaque parent aura son moment de gloire ! Pourtant, c’est bien vous qui connaissez votre enfant, c’est aussi vous qui vous efforcez de faire de votre mieux. Alors ne vous laissez pas déstabiliser dans vos compétences de parent, laissez couler ces remarques sur vous telle l’eau sur les plumes du canard… et gardez votre cap : quel est votre principal objectif en tant que parent ? La parentalité bienveillante c’est aussi ne pas se soucier du regard des autres et se faire confiance.

 

Pour garder un état d’esprit positif sur votre vie de parent et atteindre votre objectif :

 

  1. Ne cherchez pas à être un parent parfait : fuyez cette quête de la perfection, de l’idéal qui peut vous conduire au burn out parental. Pour vous libérer de cette pression nuisible, servez-vous de vos erreurs pour en faire quelque chose de positif et montrez l’exemple à vos enfants pour qu’ils puissent apprendre en vous observant !
  2. Soyez indulgent avec vos enfants et avec vous-même :
    • Laissez du temps au temps, les apprentissages prennent du temps ! Alors armez-vous de patience et fixez vos limites, vos règles, adaptées à l’âge de vos enfants, et qui définiront pour eux un cadre clair et sécurisant.
    • Faites confiance à vos enfants pour trouver des solutions à leur problème ce qui vous évitera de culpabiliser à tout va, de faire à leur place et permettra à vos enfants de développer leur autonomie ainsi qu’une meilleure estime et confiance d’eux-mêmes.
  3. Limitez les temps d’écran : ils influencent de façon négative le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’imagination…. Serge Tisseron préconise la règle « 3-6-9-12 » avec notamment aucun écran avant 3 ans ou, en tout cas, le moins possible.
  4. Impliquez vos enfants : dans votre vie de parent, lors de la préparation des repas par exemple, pour partager des moments de qualité ensemble et les rendre progressivement autonomes,
  5. Partagez le soir avec vos enfants, lors du dîner ou au coucher, le meilleur et le moins bon moment de votre journée,
  6. Notez, une fois par jour, dans un journal de bord, au moins un moment positif (ou à défaut serein) que vous avez passé avec chacun de vos enfants. À faire de préférence au coucher, pour finir sur une note positive que votre cerveau le mémorise bien !
  7. Plongez-vous régulièrement dans les albums photos pour vous souvenir, avec vos enfants, des bons moments passés ensemble,
  8. Participez à des formations de parentalité bienveillante comme la Discipline Positive : d’une part, vous serez surpris(e) de constater que finalement tous les parents sont dans le même bateau. Et d’autre part, vous découvrirez des outils concrets pour inviter, avec bienveillance, vos enfants à coopérer, gagner en autonomie, se responsabiliser… tout en prenant soin de vous !

Pour aller plus loin, je vous invite également à (re)découvrir les recettes du bonheur danois. Les Danois sont, en effet,  depuis plus de 40 ans les champions des classements sur le bonheur. Je vous en parle ICI.