Baby blues et dépression du post-partum : de quoi s’agit-il ?

23 Oct, 2017

Le baby blues et la dépression du post-partum sont 2 maux spécifiques de l’après accouchement : période attendue avec impatience, imaginée à de nombreuses reprises et préparée avec le plus grand soin pour accueillir bébé dans les meilleures conditions. Alors, pourquoi ce mal-être, ces pleurs, ce sentiment d’incapacité, cette culpabilité maintenant que votre bébé est là, enfin ?! Comment est-ce possible ?
C’est ce que nous allons essayer de comprendre : le baby blues et la dépression du post-partum, qu’est-ce que ça cache ?

LE BABY BLUES
Le baby blues et la dépression du post-partum sont 2 maux bien différents qu’il ne faut pas confondre. Le baby blues touche 50 à 70% des mamans qui viennent d’accoucher, à des degrés divers. Il survient entre le 3è et le 10è jour après la naissance et est éphémère.

1. Comment reconnaître le baby blues :
Le baby blues se manifeste par une hyperémotivité (vous oscillez entre les larmes et les rires), des troubles du sommeil, de la fatigue, un manque de confiance en soi, le sentiment d’être débordée.

2. Pourquoi ?
Les  responsables de ce passage à vide sont multiples et variés :

    • la chute brutale des hormones de la grossesse : les oestrogènes s’effondrent et l’humeur avec, ainsi que la progestérone et son effet apaisant. Les hormones de la grossesse qui apportent bien-être et zénitude, c’est terminé !,
    • le manque de sommeil,
    • les changements que votre corps a subis (épisiotomie, césarienne, kilos en trop, vergetures…),
    • votre statut familial qui bascule subitement avec ses doutes et ses angoisses,
    • la découverte de votre bébé et l’amour maternel qui se tisse progressivement,
    • l’envie de bien faire et les conseils bienveillants mais épuisants de la famille et des amis…!

3. Que faire ?
Ne restez pas seule
avec vos doutes, vos questions, vos angoisses :

    • Parlez-en aux professionnels de santé (sages-femmes, PMI…),
    • Osez demander de l’aide à votre famille, votre conjoint, vos ami(e)s pour vous accorder un peu de temps.

Et n’oubliez pas de vous reposer dès que votre bébé dort : les visites, lessives et autres tâches ménagères peuvent attendre !

La plupart du temps, tout rentre dans l’ordre naturellement, en une dizaine de jours. L’homéopathie peut vous aider à passer cette étape, celle de devenir mère. Néanmoins, si la situation perdure, s’intensifie, si elle ne vous paraît plus « gérable » une prise en charge médicale peut être nécessaire. On parle alors de la dépression du post-partum.

LA DEPRESSION DU POST-PARTUM
La dépression du post-partum concerne 10 à 20% des femmes. Elle est cependant difficile à chiffrer avec précision car la dépression du post-partum reste encore honteuse pour beaucoup de femmes, qui préfèrent garder le silence.

1. Comment reconnaître la dépression du post-partum :
Elle se manifeste par divers symptômes : épuisement, variations d’humeur, pleurs, insomnies, troubles du sommeil, difficultés de concentration, trous de mémoire, anxiété, crises d’angoisse, envie de rien, sentiment d’incapacité à s’occuper de son bébé, d’inutilité, de culpabilité : « Je n’y arriverai jamais, je suis nulle. Est-ce que je fais ce qu’il faut ? Je ne suis pas à la hauteur, je ne comprends pas ce que veut mon bébé. J’espérais un(e) fils/fille et j’ai un(e) fille/fils. J’ai l’impression de ne pas l’aimer, de ne pas le (re)connaître… ».

La dépression du post-partum survient généralement entre la 4è et la 6è semaine après l’accouchement et peut durer plusieurs mois. Elle peut également débuter avant l’accouchement ou encore plusieurs mois après.

2. Pourquoi ?
La dépression du post-partum touche des femmes d’horizons très variés et résulte de facteurs psychologiques et sociaux. La naissance peut faire remonter à la surface d’anciennes douleurs, blessures (peur de l’abandon, secret de famille…). Votre bébé vous renvoie, en effet, à vos propres fragilités, imperfections, questionnements  sur votre enfance, vos parents, l’éducation que vous avez reçue…. La réalité se révèle bien différente de ce que vous avez imaginé : votre bébé réel ne ressemble pas au bébé imaginé, votre vie de jeune maman est également moins idyllique que ce que vous espériez et c’est bien normal puisque vous ne l’aviez pas encore vécue ! Or cette confrontation à la réalité peut être très angoissante. La construction de l’amour maternel n’est pas toujours immédiate et peut prendre du temps : le « coup de foudre » avec votre bébé n’est ni une obligation ni une évidence.

Le soutien et l’expérience de la famille (mère, tantes…) apportent une réassurance aux jeunes mamans mais l’éloignement géographique et/ou le climat familial ne le permet pas toujours.

En parallèle, en tant que jeune maman, vous vous devez, conformément aux dictats de la société et aux gros titres des magazines, de :

    • assumer pleinement votre bonheur maternel et vos nouvelles responsabilités,
    • profiter pleinement de votre congé maternité,
    • retrouver rapidement votre ligne d’antan,
    • trouver sans heurt, le nouvel équilibre de votre couple,
    • concilier votre vie professionnelle et vie personnelle…

et tout ça, dans la joie et la bonne humeur telle une superwoman !

3. Que faire ?
Mettre des mots sur vos maux
et vous couper de votre isolement :

    • Si vous le pouvez, parlez de vos difficultés à vos parents, votre conjoint, vos ami(e)s pour alléger votre culpabilité.
    • Vous pouvez également trouver du soutien auprès des associations :
      – Enfance et Partage qui vient en aide aux jeunes parents rencontrant des difficultés. Ils ont mis en place un numéro vert Allo Parents Bébé : le 0 800 00 3456. Celle ligne est anonyme et gratuite,
      – Maman blues qui s’occupe exclusivement de la difficulté maternelle. Vous pouvez échanger avec d’autres mamans sur leur forum et assister à des groupes de paroles dans les relais locaux, www.maman-blues.fr
    • Contrairement au baby blues, la dépression du post-partum nécessite une prise en charge médicale. Maman blues peut vous aider à trouver un thérapeute. Des psychologues sont également présents dans les centres de PMI (Protection Maternelle et Infantile).
    • Prenez soin de vous : l’acupunture, le yoga, la sophrologie… peuvent vous aider à gérer vos émotions et vos angoisses,
    • Prenez du temps pour vous : confiez votre enfant à votre conjoint, vos parents, une baby-sitter de confiance et faites-vous plaisir (coiffeur, massage, exposition, activité artistique, soirée entre ami(e)s…).

Le baby blues et la dépression du post-partum ont des symptômes communs néanmoins leur intensité et leur prise en charge sont  différentes. Quoiqu’il en soit, pour le baby blues et la dépression du post-partum, votre pire ennemi est l’isolement ! Ne restez pas seule avec vos difficultés, parlez-en. Il n’y a rien de honteux, c’est au contraire bien naturel ! 😉