Couches lavables ou couches jetables ?

11 Juin,2017

Couches lavables ou couches jetables ? Le choix des couches est un vaste sujet car les couches sont, non seulement, en contact direct avec la peau, comme les cosmétiques, mais en plus elles recouvrent les parties intimes des bébés particulièrement sensibles aux substances chimiques telles que les perturbateurs endocriniens. Or contrairement à l’industrie cosmétique, les fabricants de couches jetables ne sont pas tenus d’indiquer la composition de leurs couches. La dernière enquête de 60 millions de consommateurs sur les couches, en février 2017, relance le débat. Même si l’on peut émettre des réserves quant à la pertinence de la méthode utilisée pour analyser les couches, celles-ci ayant été broyées avant analyse, tous les composants (qu’ils soient ou non en contact avec la peau du bébé) ont de ce fait été mélangés, la présence de substances chimiques nocives dans les couches jetables est une réalité qui mérite que l’on s’interroge sur les couches.

Les couches en quelques chiffres :
Il faut environ 2 ans et demi à un bébé pour apprendre à être propre. A raison de 6 changes par jour en moyenne la première année puis 4 changes par la suite, un bébé utilisera environ 4 380 couches jetables (classiques ou écologiques) ce qui représente un budget approximatif de 1500 euros et près d’1 tonne de déchets, rapportés aux nombres de bébés en France, je vous laisse faire le calcul !

Pour les couches lavables, l’investissement de départ est plus important. Il faut compter entre 200 et 700 euros pour 15 couches mais les couches lavables sont utilisables de la naissance jusqu’à la propreté (pour les modèles évolutifs), pour toute la fratrie et peuvent être revendues. A terme, les couches lavables constituent une solution plus économique.

La composition de couches et leur devenir !
Les couches jetables classiques sont constituées de :

  • une enveloppe extérieure imperméable en plastique généralement du polypropylène,
  • un noyau absorbant en cellulose (fibre issue du bois),
  • un gel absorbant de polyacrylate de sodium ou SAP,
  • un voile de protection en polypropylène conçu pour garder les fesses de bébé au sec,
  • des élastiques et des velcros.

Dans les couches jetables écologiques labellisées Nordic Swan, le noyau de cellulose est non blanchi et issu de forêt gérées durablement mais les élastiques, velcros et autres tissus restent les mêmes que ceux les couches classiques.
Bien que biodégradables, les couches jetables écologiques finissent comme les couches jetables classiques par être incinérées ou enfouies. Elles ont donc la même empreinte carbone avec les mêmes impacts sur l’environnement et notre santé. Une couche jetable met entre 400 et 500 ans à se décomposer.

Une couche lavable est constituée de :

  • une culotte imperméable, en polyuréthane ou en laine, qui se ferme par des velcros ou des pressions,
  • un insert absorbant fixe (couche tout en un, TE1) ou amovible (couche tout en deux, TE2),
  • un voile ou papier de protection en cellulose, biodégradable.

Il existe un grand choix de matière pour l’insert absorbant : coton biologique, bambou, microfibre, tencel®, polaire… qui va déterminer le temps de séchage.
Les couches lavables sont majoritairement composées de matières naturelles ou recyclées et, comme tout produit lavable, leur composition doit obligatoire être mentionnée.
Par ailleurs, les couches lavables sont réutilisables à l’infini ou presque, c’est en tout cas leur objectif. Les marques parlent de 2 ans et demi, le temps de l’apprentissage de la propreté mais en réalité elles ont une durée de vie bien supérieure.

La fabrication des couches jetables et leur élimination sont les 2 étapes qui génèrent le plus d’impacts sur notre environnement alors que pour les couches lavables c’est la phase d’utilisation qui génère le plus d’impacts.

Au quotidien :
Avec les couches jetables : démaillotez, pliez, jetez, le tour est joué. Coté poubelles, il faut prévoir de les descendre 2 fois plus souvent qu’avant l’arrivée de bébé. De toute façon pour limiter le désagrément des mauvaises odeurs, c’est mieux ! Un peu de bicarbonate de soude au fond de la poubelle reste, cependant, une bonne astuce pour neutraliser les odeurs et éviter de tomber dans le piège des poubelles à couches !

Quant aux couches lavables, elles n’ont finalement pas grand chose à envier aux couches jetables. Le papier de protection également appelé voile de protection est réservé aux selles. Il est biodégradable et se jette à la poubelle lors du change. Lorsqu’il n’y a pas de selles, il peut même être lavé avec les couches et réutilisé une ou deux fois supplémentaires. Pour les couches tout en un (l’absorbant est fixe), elles sont lavées à chaque change, comme les couches jetables, alors que pour les couches tout en deux, seul l’insert absorbant est à laver. Il peut être fixé par des pressions ou glissé dans une poche. L’insert absorbant doit être décrassé régulièrement (la faute au calcaire et à la lessive) en machine, en suivant un protocole particulier à base de cristaux de soude et de vinaigre blanc pour maintenir une bonne efficacité de l’absorbant et éviter les fuites. Elles se lavent en machine avec le reste du linge de la famille, avec une machine tous les 2 jours voire 3 fois par semaine.
Les couches lavables sont généralement plus épaisses que les couches jetables ce qui peut avoir un impact sur le choix des vêtements (on oublie, les leggings et les jeans serrés). Elles permettent également à l’enfant de savoir lorsqu’il est sale, ce qui peut l’aider lors de l’apprentissage de la propreté.

Si vous avez envie d’essayer les couches lavables, vous pouvez :

  • louer un kit multimarques (60 euros pour 1 mois)  pour vous aider à bien choisir le modèle de couche lavable adapté à vos besoins et à la morphologie de votre bébé,
  • demander conseil à des utilisateurs,
  • faire appel à une conseillère en couches lavables.

Pour en savoir plus, le guide d’utilisation des couches lavables de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) est disponible ici.