Le bonheur danois : quelles sont leurs recettes ?

17 Juil, 2017

Le bonheur danois, vous en avez déjà entendu parlé ? Et pourtant depuis plus de 40 ans, le Danemark arrive presque toujours en tête des classements internationaux sur le bonheur. Oui, vous avez bien lu, le Danemark, ce pays où il fait froid 9 mois sur 12 et où la nuit tombe à 15h en l’hiver…. Dans une étude du British Médical Journal de 2006, 66% des Danois se déclaraient  « très satisfaits de leur vie » contre 30% en France. Alors quelles sont les recettes du bonheur danois ?

Je viens de lire Heureux comme un Danois de Malene Rydahl pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur. Malene Rydahl nous livre les 10 clés du bonheur danois. Rafraîchissant, inspirant et tellement positif, ce livre nous permet de réfléchir pour progresser dans notre quête du bonheur avec nos enfants. Dans ces conditions, je me devais de le partager avec vous. 😀

Malene Rydahl, née au Danemark, vit depuis 20 ans en France. Elle s’est interrogée sur le bonheur danois et nous livre, dans Heureux comme un Danois, 10 recettes pour nous aider dans notre quête du bonheur. Car oui, le bonheur se construit.

1. Faire confiance

78% des Danois font confiance à leur entourage contre 25% en France. La confiance est inversement proportionnelle au thermomètre, ainsi les pays d’Afrique, d’Amérique latine et le Brésil se situent tout en bas de l’échelle de la confiance. Or comme le dit Malene Rydahl  « C’est plus facile de respecter les règles quand on pense que les autres le font aussi. » Faire confiance c’est important d’un point de vue collectif mais également dans la quête du bonheur. Les chercheurs sont unanimes et l’ONU le confirme : faire confiance rend heureux en permettant la tranquillité d’esprit et de nombreuses économies (les frais d’avocats, la corruption, les contrôles réduits au minimum…). Ainsi au Danemark, quand les parents vont au restaurant ou au café, ils ont l’habitude de laisser leur bébé dans leur poussette à l’extérieur et personne ne s’en étonne. Personne ne les surveille et en même temps tout le monde les surveille. Une Danoise a fait la même chose à New York, elle a été arrêtée et accusée de négligence et d’abandon, son bébé lui a été retiré pendant 3 ou 4 jours !

2. Un système éducatif pensé pour développer l’autonomie, la curiosité et l’estime de soi

Le Danemark opte pour l’apprentissage par l’expérimentation plutôt que de recevoir passivement des connaissances. Cette approche correspond tout à fait à la pédagogie Montessori. Le système éducatif danois vise également à développer la personnalité des élèves afin qu’ils puissent choisir un métier qui leur convienne et qui ait du sens en favorisant ainsi le bonheur personnel. L’objectif n’est pas d’être le meilleur ni de promouvoir l’élitisme, l’enseignement danois valorise chaque enfant à travers ses compétences et sa personnalité pour qu’il ait sa place et son utilité dans la société. Si on analyse le système éducatif danois sous l’angle de la Discipline Positive, on se rend compte qu’il répond précisément aux 2 besoins fondamentaux des enfants : celui d’appartenir et de contribuer à un groupe. En Discipline Positive, l’être humain est un être profondément social. Ainsi la plupart des étudiants danois se sentent libres de choisir leur avenir sans pression ni des parents ni de la société. Ils privilégient à l’unanimité un métier qui leur plaît plutôt qu’un métier qui leur permettra de gagner beaucoup d’argent.

3. Un sens de l’autonomie développé pour être libre

Les jeunes Danois se donnent les moyens d’acquérir leur indépendance. Ainsi près de 70% des 13-17 ans au Danemark ont un job en dehors de l’école pour dépasser les 80% à partir de 17 ans, contre seulement 47% en France. Ils sont également nombreux à avoir leur propre compte bancaire. La première motivation des jeunes Danois est de pouvoir se payer des activités de loisirs et gagner une forme d’indépendance/d’émancipation vis-à-vis de leurs parents. Dès 18 ans, les jeunes Danois quittent leurs parents, le Danemark détient d’ailleurs le record mondial : entre 18 et 24 ans, ils ne sont plus que 34% à vivre chez papa-maman et 62% en France.

4. Avoir la possibilité de choisir sa vie

Le « rêve américain » c-à-d la capacité d’une nouvelle génération à faire mieux  que la génération de ses parents ou différemment est plus facile au Danemark qu’aux États-Unis ! D’après l’OCDE, ce sont les sociétés les plus égalitaires, comme celle du Danemark, qui permettent l’ascension sociale. Au Danemark, l’enseignement supérieur est gratuit et l’Etat verse des bourses d’études à tous les étudiants danois, sans condition de ressources. Le parcours reste néanmoins plus compliqué mais possible, lorsqu’un enfant vient d’un milieu défavorisé (difficultés affectives, manque de soutien, d’informations…). Dans le « rêve américain » version danoise, il ne s’agit pas de gagner le plus d’argent possible mais de vivre librement, d’avoir la liberté de choisir sa vie.

5. Avoir des rêves réalistes

Les Danois ont des attentes moins élevées qu’ailleurs. Ils n’espèrent pas être les meilleurs ni gagner. Leurs attentes sont mesurées et associées à beaucoup de modestie. Cette observation me rappelle un passage du livre de Jane Nelsen La Discipline positive :  « La perfection est une attente qui pèse lourd sur les épaules de l’enfant qui s’élance sur le chemin des apprentissages. Le « jamais à la hauteur », la course du « toujours mieux » risquent d’éteindre la motivation de l’enfant…. » Ce qui ne veut pas dire ne pas avoir de rêves ni d’idéaux.

6. Etre solidaire rend heureux

Les Danois sont très attachés à leur État Providence et à leur système fiscal alors que la pression fiscale y est la plus élevée au monde. Pour 66% des Danois, le niveau des impôts est juste, 12% estiment même qu’ils n’en paient pas assez contre seulement 20% (72% en France) qui estiment en payer trop. Alors pourquoi ? Les Danois ont confiance dans le bon usage qu’en fait leur gouvernement : éducation, santé, services publics, transports. En France, 74% de la population estiment contribuer plus au système qu’ils n’en retirent d’avantages et 88% pensent que les recettes fiscales sont mal utilisées.

Les Danois ont envie de partager à condition que chacun joue le jeu et respecte les règles. Ainsi les chômeurs, qui sont bien indemnisés, participent à la vie de la cité en réalisant des missions pour le bien collectif : nettoyer les rues, les parcs, aider les personnes âgées….

Tous les Danois se sentent véritablement investis d’un projet commun qui implique de respecter les règles et de faire preuve de civisme (traverser au feu rouge, participer aux élections législatives).

7. Concilier vie privée et vie professionnelle

Selon les dernières études de l’OCDE, le Danemark est le pays qui a le mieux réussi à instaurer un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Les Danois passent un peu moins de 8 heures sur leur lieu de travail alors que la moyenne des autres pays de l’OCDE est de 9 heures. Ils disposent de 5 semaines de congés annuels et lorsque leur enfant tombe malade, les Danois peuvent rester le premier jour à la maison avec leur enfant sans que ce jour d’absence ne soit décompté de leurs congés. Ils ont également une flexibilité des horaires de travail et cela ne choque personne lorsqu’un parent (et notamment  les papas), part à 16h pour aller chercher des enfants à l’école. Les entreprises danoises se montrent très compréhensives. Pour les Danois occupant des postes à responsabilités, 6 cadres sur 10 sont amenés à travailler le soir et le week-end chez eux. Les 2/3 des cadres sont satisfaits de leur équilibre entre leur vie privée et leur travail et dans le tiers restant, plus de la moitié envisage de changer de travail pour parvenir à un meilleur équilibre. Cet équilibre est essentiel pour les Danois. La famille et les loisirs occupent donc une place importante. Les Danois ont l’habitude de dîner, en famille, à 18h et de partager en famille ou avec des amis proches des moments intimes, chaleureux, en toute simplicité pour se sentir bien, avec des bougies et de quoi boire et manger : les hygges. C’est un concept propre au Danemark et particulièrement important dans leur culture. C’est l’occasion en famille  de regarder des films et faire des jeux de société.

Le besoin d’être ensemble (en famille, entre amis, relations sociales, dans des associations comme bénévole) et l’amour des Danois pour leur pays sont particulièrement développés. Il est clair que les Danois parviennent à satisfaire leur besoin d’appartenir et de contribuer. Ces 2 besoins sont fondamentaux pour le bien-être de tout à chacun et constituent l’un des principes de la Discipline Positive.

8. Gagner beaucoup d’argent, pour quoi faire ?

Les Danois privilégient un métier qui fait sens pour eux et qui leur apporte du plaisir. Malene Rydahl le résume ainsi : les Danois « accordent plus d’importance à trouver leur voie qu’à cultiver leur portefeuille. » D’ailleurs, c’est bien connu l’argent ne fait le bonheur à condition, bien sûr, que les besoins fondamentaux soient couverts.… Ainsi « l’augmentation de la richesse dans le monde ces 30 dernières années n’a pas eu d’effet sur le bonheur exprimé par les différentes populations. » L’être humain s’habitue très vite à une nouvelle situation favorable (une promotion, gagner au loto…), une nouvelle acquisition, un nouveau bien matériel : la joie du début retombe très vite à son niveau initial. Le plus grand danger c’est la comparaison qui engendre des frustrations. On met le doigt dans un cercle vicieux dont il est difficile de se sortir : il y aura toujours des gens qui auront plus.

9. Etre modeste en toutes circonstances

L’idée générale se résume ainsi « il ne faut pas croire que l’on est meilleur que les autres ou penser que l’on peut leur apprendre quelque chose. » Les Danois préfèrent privilégier les moments agréables, conviviaux et le fair play plutôt que chercher à gagner ou encore se démarquer à tout prix. La modestie permet également aux Danois de reconnaître leurs faiblesses. Ainsi, au Danemark, la dépression n’est pas un sujet tabou ni honteux (1 Danois sur 12 consomme des anti-dépresseurs).

10. L’égalité hommes-femmes

Les femmes et les hommes sont habitués à participer aux tâches ménagères sans distinction de sexe. Le congé maternité en est une belle illustration. Il est de 52 semaines (ça fait rêver, non ?!) :
– 18 semaines sont réservées aux femmes,
– les papas ont droit à 2 semaines après l’accouchement,
– quant aux 32 semaines restantes, elles peuvent être réparties entre les conjoints comme bon leur semble.

Cette égalité hommes-femmes est inculquée dès l’enfance et permet :
– aux femmes de s’épanouir dans leur carrière professionnelle et leur vie de famille,
– aux hommes de profiter pleinement de leur rôle de père.

J’espère que ces 10 recettes du bonheur danois vous aideront dans votre quête personnelle du bonheur et qu’elles pourront vous guider avec vos enfants : quel parent souhaitez-vous être, quelles valeurs avez-vous envie de transmettre à vos enfants et comment… ?